Œuvres traduites de l'arabe
par Abdellatif Laâbi
• Insomnie des anges (poèmes), d’Aïcha Bassry, éditions Marsam (Rabat), 2007
• La Poésie marocaine. De l’indépendance à nos jours (anthologie), La Différence, 2005
Avec
cette anthologie, nous accédons à un continent poétique
en grande partie inexploré. Si l’on excepte le nombre restreint
des auteurs écrivant directement en français ou traduits de l’arabe
et publiés en France, la plupart de ceux ici représentés
restaient à découvrir. L’événement est d’autant
plus significatif qu’aucune anthologie de ce type n’avait été
consacrée jusqu’à nos jours à l’un des pays
du Maghreb ou à un autre pays du monde arabe (la Palestine exceptée).
Dans un contexte historique où ce monde, en proie à ses démons,
focalise les peurs et subit tant de malheurs, ce livre vient à point
nommé pour nous révéler l’autre versant d’une
telle réalité, celui où campent justement les poètes
pour livrer leurs propres batailles. À cet égard, la poésie
marocaine aura été, à n’en pas douter, exemplaire.
Face à l’arbitraire et à l’absolutisme, elle a constitué
un pôle de désobéissance éthique et de résistance
sans faille. Face aux fermetures identitaires, elle a défendu et illustré
avec confiance les vertus du pluralisme linguistique. Face au carcan des traditions
(littéraires y comprises), elle a réussi à sa manière,
et en l’espace de quelques décennies, à condenser de façon
saisissante l’aventure de la poésie moderne.
M. Abdelghani, M. Achaâri, Y. Adnane, M. Akhrif, A. Assid, M. Assimi, A. S. Azaykou, A. Balbadaoui, A. Barakat, A. Bassry, A. Benjelloun, T. Ben Jelloun, W. Benmoussa, M. Bennis, M. Bentalha, A. Bouali, A. Bouanani, J. Boudouma, S. Bousrif, M.-K. Guennouni, A. Hamrouch, I. Issa, M. Kadiri, M. Khaïr-Eddine, A. Khatibi, A. Laâbi, M. A. Lahbabi, W. Lamrani, A. Lemsyeh, M. Loakira, R. Madani, M. Maïmouni, T. Majdouline, Z. Mansouri, A. Mejjati, D. Meliani, D. Mesnaoui, M. Mestaoui, Z. Morsy, R. Moumni, H. Nejmi, M. Nissabouri, E. Ouassat, H. Ouezzani, M. A. Rabbaoui, A. Rajiî, M. Sebbagh, M. Serghini, A. Tabbal, K. Zebdi, A. Zrika.
• Fragments d’eau (poèmes), d’Aïcha Arnaout, Al-Manar, 2003

• L’Impossible Bleu (poèmes), de Qassim Haddad, édition trilingue (arabe-français-anglais), avec des photos de Saleh al-Azzaz, © Saleh al-Azzaz, Riyad, 2000.
Qasim Haddad est un des poètes arabes majeurs. Vivant au Bahrein, il anime depuis de nombreuses années un site internet consacré à la poésie arabe classique et moderne. Ce site est une véritable somme en la matière, unique dans son genre.
• Chant pour le jardin de l’eau (poème), de Mohammed Bennis, Les Petits Classiques du grand pirate, 2000
• Loin du premier ciel (poèmes), de Saadi Youssef ; en collaboration avec Jabbar Yassin Hussin, Farouk Mardam-Bey et Habib Tengour; Sindbad/Actes Sud, 1999
• Ni vivant ni mort (poèmes), de Faraj Bayrakdar, Al Dante, 1998
• Bougies noires (poèmes), d'Abdallah Zrika, La Différence, coll. Le Fleuve et l'écho, 1998
• Retour à Haïfa, et autres nouvelles, de Ghassan Kanafani ; en collaboration avec Jocelyne Laâbi ; Sindbad/Actes Sud, 1997
• La joie n'est pas mon métier (poèmes), de Mohamed Al-Maghout, La Différence, coll. Orphée, 1992
• Les Oiseaux du retour, contes de Palestine (bilingue) ; en collaboration avec Jocelyne Laâbi ; Messidor/La Farandole, 1991
• L'Espace du Noûn (poèmes), de Hassan Hamdane ; en collaboration avec Leïla Khatib ; Messidor, 1990
• La Poésie palestinienne contemporaine (anthologie), Messidor, 1990 ; Le Temps des cerises et Maison de la poésie Rhône-Alpes, 2002
Que
reste-t-il au poète quand la terre lui est retirée, quand lui-même
est transformé en fantôme, quand on lui désigne une simple
négativité comme condition de son existence ? Il est rare qu'une
poésie prenne ainsi forme entre terre et ciel. C'est dire combien la
tâche des poètes palestiniens est complexe, presque inédite.
Ils ne peuvent écrire qu'avec ce qu'on leur a usurpé. Le monde
est pour eux celui qu'ils ont à réinventer en partant du plus
enfoui et du plus douloureux en eux, d'une familiarité, hélas
obligée, avec la mort. Mais faut-il rappeler que c'est dans cette précarité,
justement, que la poésie acquiert toute sa signification et, pourquoi
pas, son utilité? Les poètes palestiniens sont peut-être
des poètes de l'urgence, mais l’urgence qui est la leur n'est pas
celle qui s'arrête à la cause immédiate du poème.
C'est une urgence de la poésie.
• Plus rares sont les roses (poèmes), de Mahmoud Darwich, Editions de Minuit, 1989
• Je t'aime au gré de la mort (poèmes), de Samih Al-Qassim, Unesco/Editions de Minuit, 1988
• Autobiographie du voleur de feu (poèmes), d'Abdelwahab Al-Bayati, Unesco/Actes Sud, 1987
• Soleil en instance (roman), de Hanna Mina, Unesco/Editions Silex, 1986
• Rien qu'une autre année (poèmes), de Mahmoud Darwich, Unesco/Editions de Minuit, 1983

• Rires de l'arbre à palabre (poèmes), d'Abdallah Zrika, L'Harmattan, 1982