Poésie
• Zone de turbulences, La Différence, 2012.
• Œuvre poétique II, La Différence, 2010.
Dans
sa préface à l’Œuvre poétique 1, publiée
précédemment par les Éditions de la Différence,
Jean-Luc Wauthier aboutissait à l’appréciation suivante
: « L’œuvre de Laâbi forme une continuité spirituelle
qui exige d’être prise dans sa globalité fondatrice. »
C’est donc en bonne logique que ce deuxième volume voit le jour.
Y sont repris les recueils que le poète a produits depuis le début
des années quatre-vingt-dix jusqu’au milieu de la présente
décennie. En usant de la métaphore de l’arbre, on pourrait
affirmer que le volume 1 est celui où, de cet arbre, nous ont été
révélées les racines profondes, enchevêtrées,
ainsi que la nature de la terre humaine qui les a nourries. Avec le second,
c’est à la fois sa stature réelle, sa frondaison, ses fruits
doux-amers et jusqu’à l’ombre qu’il dispense qui nous
deviendront familiers.
S’il y a une force évidente de la poésie de Laâbi,
c’est qu’elle parle immédiatement, de l’intérieur,
à celui qui l’accueille. La seule matière dont elle est
pétrie, c’est l’humain qui n’est étranger à
personne. Et c’est par cette proximité-là, et non au moyen
d’un art qui n’a d’autre finalité que lui-même,
qu’elle touche à l’universel.
• Tribulations d'un rêveur attitré, La Différence, 2008.

• Mon cher double, La Différence, 2007.

Avec
ce premier volume des œuvres d’Abdellatif Laâbi, éditées
ici selon l’ordre chronologique, le lecteur va pouvoir suivre enfin
la genèse et le déploiement d’un destin poétique
hors norme, marqué au fer rouge de l’Histoire. Si un tel destin
a pu toucher, au cours des trente dernières années, un lectorat
de plus en plus large et fervent, ce n’est pas simplement par la charge
des épreuves et la levée des espérances qu’il
a su faire partager, mais plus encore par une parole prégnante qui
permet au poète d’atteindre la juste mesure de vérité
touchant à l’universel. Pétrie d’oralité,
incandescente, syncopée, toujours travaillée avec la minutie
d’un artisan créateur, la langue d’Abdellatif Laâbi
tranche à l’arrivée par cette simplicité déconcertante
grâce à laquelle on reconnaît qu’une voix singulière
hante à son tour les sentiers de l’aventure ininterrompue de
la poésie.
• Ecris la vie, La Différence, 2005

Mohammed
Kacimi et
Abdellatif Laâbi
• Les Fruits du corps, La Différence, 2003
D’aucuns
s’étonneront de cette veine érotique chez un poète
dont ils ont eu tendance à réduire l’œuvre à
l’expérience de l’enfermement et aux accents de la profération.
Peut-être m’ont-ils mal lu jusqu’à maintenant ou
m’ont-ils lu selon ce qu’ils attendaient de moi. Pourtant, imprévisible,
je le suis depuis longtemps, non par coquetterie intellectuelle, mais par
déontologie oserais-je dire : remise en question permanente, quête
de formes nouvelles, exploration minutieuse de l’inépuisable
champ de la littérature.
Qu’on ne fasse donc pas semblant de s’étonner. Avec Les
Fruits du corps, impossible de passer à côté de l’un
des leviers de ma propre matière littéraire : l’amour
dans toutes ses acceptions, l’appréhension sensible et sensuelle
des êtres et de tout ce qui peuple l’univers. Ce livre se dresse
contre l’hypocrisie et le consumérisme. Il chante à voix
basse l’apothéose de l’union des corps, dans la douce-violente
folie d’aimer.
• L’automne promet, La Différence, 2003
Ecrit
entre 1999 et 2002, L’automne promet se déroule comme
un journal intime et public à la fois. Cette forme souple et inhabituelle
en poésie m’a permis de mettre en correspondance dans un nouveau
registre deux éléments permanents de ma démarche : la
quête intérieure et le souci de la condition humaine. Les interrogations
sur l’identité, l’exil, le sens d’une vie sont ainsi
situées dans l’espace et le temps. L’histoire immédiate
avec son cortège d’incursions barbares relie ces questionnements
à la marche de l’humanité, à ses impasses et aux
menaces qui pèsent sur elle. Mais dans ce recueil, l’ironie,
parfois l’autodérision, sont là pour maintenir la lucidité
qui reste compatible avec l’espoir.
• Petit Musée portatif, dessins de Abdallah Sadouk, préface de Françoise Ascal, Al Manar, 2002
• Poèmes périssables, La Différence, 2000
Quel
est ce périssable, en poésie, qui la met au niveau de toutes
les autres œuvres humaines ? Même si la question n’est pas
formulée, le facétieux du titre en tient lieu.
Après Fragments d’une genèse oubliée,
poème-livre au souffle épique, disons-le sans rougir, j’ai
éprouvé le besoin de souffler, de ramener la parole au registre
du murmure, du bruissement de l’être, de serrer la vision pour
la braquer sur tous les éphémères. Ayant lu ce recueil,
une amie (Huguette Devalière) m’a écrit ceci, qui me comble
par sa complicité :
« L’art de la phrase coupée en quatre. Quelques mots à
peine cuits autour d’un émincé d’idée débarrassé
de toute matière grasse… Il y a comme une urgence de l’époque
à sauver les insignifiances, les plaisirs minuscules, les destins ordinaires.
On est devenu des ramasseurs de miettes, on picore dans l’angle aigu
de l’âme. On rassemble la glanure des frissons, des sensations
élémentaires, des joies simples qu’on s’applique
à moudre en farine légère… On en a fini avec toutes
les vastitudes où l’humanité s’est fourvoyée.
On revient aux valeurs sûres : les fourmis, les petits pois, la naissance
des seins. On suit les cailloux blancs d’un sentier qui ramène
à la maison. On a dix mille ans dans les jambes. »
• Fragments d'une genèse oubliée, Paroles d'aube, 1998
Je
n'ai pas envie de défendre, encore moins d'expliciter ces Fragments
d'une genèse oubliée, de participer à cette supercherie
qui consiste à faire croire que le poète est maître à
bord de ses écrits, qu'il en détient toutes les clés
et peut à loisir en dévoiler les arcanes.
Il arrive qu'un poète se trouve désemparé devant le texte
qu'il vient d'achever au lieu d'en ressentir quelque soulagement ou plaisir.
Ce sentiment est encore le mien aujourd'hui.
Je sais par contre que ce livre m'a déjà poussé vers
d'autres territoires de l'écriture où la quête de soi
et du monde ne pourra qu'être plus exigeante. Il a donc réalisé
son effet d'ébranlement.
Avis au lecteur qui cherche dans un texte autre chose que la confirmation
ou le bercement.
• Le Spleen de Casablanca, La Différence, 1996
• L'Ecorché vif, L'Harmattan, 1986 (épuisé)
• Discours sur la colline arabe, L'Harmattan, 1985 (épuisé)
• Sous le bâillon le poème, L'Harmattan, 1981 (épuisé)
• Histoire des sept crucifiés de l'espoir, La Table rase, 1980 (épuisé)
• Le Règne de barbarie, Seuil, 1980 (épuisé)